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mardi 15 juillet 2014

La loi de l'oubli


Qui est l'homme ? D'où vient-il ? Ça fait longtemps qu'on se pose la question - ce qui prouve que personne n'en sait rien. Il y a dans notre passé un mur du temps en de ça duquel nul ne veut se risquer...

Pourtant ces questions suffisent à bâtir toute sagesse. Savoir d'où on vient, c'est mieux comprendre où on est et déjà deviner où on va. Notre histoire oubliée peut nous éclairer sur notre véritable nature, oubliée elle aussi. Nous sommes surinformés, mais déformés. Gavés de mensonges, on avance à tâtons, sans savoir ni d'où on vient, ni où on va."L'humanité a oublié son origine : elle est comme n'importe quel meuble, incapable de dire quelle est sa forêt originelle !" 

 Telles les vagues dans la mer ou les strates sur la roche, les civilisations se suivent, inlassablement identiques, et se recouvrent les unes les autres. Nains que nous sommes, surtout nos historiens : bien malin qui verra plus loin que la civilisation précédente. Tout se passe comme si nous étions frappés d'amnésie. Au bout du passé connu se dresse un horizon infranchissable pour notre esprit ; c'est le mur du temps. Il varie selon les époques.

 L'horizon historique actuel s'arrête vers 9000 avant J.C. qu'on écrira Jésus Christ ou Jules César, au choix, ils sont presque contemporains. Avant ? Les sauvages, la pierre taillée et les peintures sur grottes, aucun intérêt. Encore avant ? Des proches parents du singe, si l'on en croit les anthropologues, spécialistes agréés.

Réputé scientifique et donc indiscutable, leur scénario est le suivant : nous sommes un des derniers hominidés du type Homo sapiens, le dernier, un peu plus conscient que les autres, puisqu'ils nous appellent Homo sapiens sapiens, l'homme qui sait qu'il sait. Mais il se peut que ce scénario ne soit pas aussi solide qu'ils le prétendent. Tout au long des étapes évolutives, trop de chaînons manquent, trop de sauts inexplicables suggèrent trop de mutations et trop de hasards font trop bien les choses.

 En un mot, c'est trop pour tout le monde, sauf pour les disciples de Darwin qui n'en ont jamais assez. Il faut les voir s'accrocher à cette thèse étroitement mécaniste qu'est l'évolution darwinienne.

 Leur vie semble être en jeu tant les anthropologues se crispent sur leurs chimères. On les voit se débattre tels des mouches dans un verre de lait. Dans une tentative désespérée de faire le pont, coûte que coûte, entre le singe et nous, les néo-darwiniens nous ont trouvé des ancêtres, Homo erectus, Homo faber et quelques autres plantigrades velus. Mais en dépit de leurs efforts conjugués depuis plus d'un siècle, ce pont n'a jamais été fait. Le chaînon manquant manque encore.

 Par contre, les paléoanthropologues nous ont trouvé des cousins, les néandertaliens, qu'on prétend disparus, ce qui se discute : d'où sortent les yétis ? Et nous, d'où sortons-nous ? 
On nous a raconté beaucoup de bêtises, et pourtant la lumière n'a jamais cessé de briller en nous. Pourquoi l'avons-nous oubliée ?  Et surtout, comment pouvons-nous retrouver notre vraie nature ? Cherche en toi. Notre siècle a la mémoire courte. Le passé, pour nous, c'est la nostalgie d'une innocence perdue. Quelle blague ! Les innocents, c'est nous. Nos ancêtres oubliés étaient des géants dans leur corps, dans leur tête et dans leur cœur.

 On nous a dit une fois pour toutes de ranger ces vieilles lunes dans le tiroir marqué mythes. Le mythe, de nos jours, c'est bidon. Qui mitonne bidonne. Nous voyons donc les mythologies comme vantardises et mensonges : elles sont pourtant la plus précieuse des mémoires. Dans nos têtes, des souvenirs d'école se mêlent aux images des films et des BD. Tant bien que mal, ça fait notre histoire, et quelle histoire ! une galerie de portraits souvent faux, sans chronologie ni vision d'ensemble.

 Une litanie de batailles qui toutes se ressemblent, à part les dates. Les dates ! Hantise du cancre et du visionnaire ! Et il y a une bonne raison à ça. Les dates nous enferment dans le règne de la quantité. Les dates c'est la grille de la logique qui émascule l'élan vital. Si l'homme est heureusement un animal raisonnable, l'excès de raison tue la raison.

 Notre mode de vie actuel est à rebours de la nature humaine. Ça fait des siècles que ça dure mais la pression du néant s'accentue. Quasi inemployé, notre cerveau droit s'atrophie. La clé de nos pouvoirs perdus s'efface avec lui. Il est urgent de réagir. Le bonheur n'est pas "d'avoir de l'avoir plein nos armoires." Commençons par supprimer l'armoire à pharmacie. Pour nous soigner, il y a le guérisseur intérieur. Pourquoi l'assommer à coup de drogues ? Elles nous tuent comme elles tuent la Sécu.

 De nos jours nous voyons le temps comme un phénomène linéaire, passé-présent-futur. Le futur est inconnu, le présent trop vite passé et le passé trop vite oublié. En conformité avec notre vision du temps linéaire, nous avons inventé une science nouvelle, l'histoire. Elle est fausse, bien entendu.

 L'important pour les historiens n'est pas que leur histoire soit juste, mais qu'ils soient tous d'accord entre eux. Ce qui, bien entendu, n'arrive jamais.

 Les anciens Grecs, Egyptiens, Romains croyaient au temps cyclique, où les événements forment des séquences qui se répètent à l'identique, dans un ordre aussi invariable que celui des saisons. Et pour en rendre compte, ils ont hérité d'une ancienne sagesse, les mythes. Le temps cyclique devient l'éternel retour. Il est représenté par les phases de la lune, inaltérables. Ou par une frise, peut-être la plus célèbre et la plus répandue dans le monde antique, la frise dite grecque.

  On y voit se répéter, invariables, les mêmes mouvements vers le haut ou le bas, le progrès ou le déclin, en une chaîne de séquences identiques.

Pour les anciens, les grands cycles du temps sont au nombre de quatre : l'âge d'or, où les dieux vivaient parmi les hommes ; l'âge d'argent, où les hommes étaient des géants ; l'âge de bronze, où des demi-dieux, les héros et les dévas, se sont battus sans fin les uns contre les autres ; et enfin, l'âge de fer, où nous nous languissons dans l'attente d'un nouvel âge d'or. A dire vrai, de notre passé récent, nous ne savons que peu de choses. L'histoire menteuse nous cache la vie d'avant.

 Quant à notre passé plus ancien, Claude Lévi-Strauss et les autres anthropologues étudient les sauvages qu'ils rebaptisent peuples premiers, témoins de l'état de nature originel. Ce qui est douteux... Il est vrai que le chamanisme et nagualisme offrent une voie royale pour entrer dans le monde du Rêve que nous avons oublié. Mais les sauvages ne sont pas de fidèles témoins de nos origines : les Olmèques ou les Sumériens jouissaient d'un confort qui n'a rien à envier au nôtre.

 Et en pleine préhistoire, vivaient des êtres civilisés, avec des avions, des ovnis et des fusées... Sait-on que les dieux d'avant maîtrisaient la foudre ? Sait-on qu'ils connaissaient l'électricité, le magnétisme, les bombes atomiques et les rayons lasers ? Qu'ils avaient mis au point des machines géantes pour capter la géo-énergie, et que leurs centrales électriques étaient aussi des temples ? Que dans ces temples, les initiés étaient transformés en dieux ? Tous ces peuples, et bien d'autres avant eux, ont atteint les sommets où nous nous croyons seuls, et les ont dépassés. On les a oubliés comme on nous oubliera.

 La majeure partie de l'art et de la science antique n'a pas survécu à la chute de l'Empire Romain.
 "Les œuvres de plusieurs grands poètes et philosophes de l'Antiquité ont totalement disparu, ou ne subsistent que dans les citations désordonnées d'autres auteurs. D'autres aspects de la culture eurent un sort pire encore ; ainsi, on ignore tout de la musique que jouaient les trompettes de Jéricho, du riche legs musical de l'ancienne Rome, tout ce qui reste est le morceau d'une unique mélodie ne durant même pas vingt-cinq secondes."  Nous sommes logés à la même enseigne, voire pire.

 L'essentiel de notre mémoire est aujourd'hui stocké sur des supports qui deviendront illisibles si notre société industrielle venait à disparaître. Comment nos descendants pourraient-ils lire un dvd ? un cd ? ou même un disque vinyle ? S'il n'y a plus d'électricité, aucune des données d'internet ne seront sauvées.

  Ne croyez pas que les livres resteront. Il se trouve que, dans un souci de rentabilité, les papetiers fabriquent un papier très acide qui sera décomposé dans un siècle. Jusqu'au 19e siècle, on employait un papier beaucoup plus durable. Le remède est dans les livres en ligne ? Oui, sauf si internet s'arrête. Même remarque pour les livres sur cd.

 Ainsi l'ensemble des données actuelles sera inaccessible pour nos descendants. Comme le sont pour nous les données d'Atlantide ou d'autres mondes perdus.


 "Vanité des vanités, tout est vanité. Quel avantage revient-il à l'homme de toute la peine qu'il se donne sous le soleil ? Une génération s'en va, une autre vient, et la terre subsiste toujours. Ce qui fut, cela sera. Ce qui s'est fait se refera. S'il est une chose dont on dise : Tiens, ceci est nouveau, cette chose existait déjà dans les siècles qui nous ont précédés. Il n'y a pas de souvenir d'autrefois, et même pour ceux des temps futurs : il n'y aura d'eux aucun souvenir auprès de ceux qui les suivront."

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