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mardi 15 juillet 2014

L'Adam grec



Dans la mythologie grecque, la création de l'homme est attribuée à l'un des fils du Titan Japet, Prométhée, qui façonne la race humaine avec de l'argile. Ou plutôt la quatrième race humaine, qui est encore la nôtre… 


Prométhée est surtout connu comme le bienfaiteur des hommes, car il entreprend à deux reprises de tromper Dieu. Afin de décider quelle sera la nourriture des dieux et celle des hommes, il sacrifie un bœuf qu'il partage en deux parts inégales : d'un côté, il place la chair et les entrailles, cachées sous la peau peu appétissante de l'animal, de l'autre, les os, recouverts d'une épaisse couche de graisse de belle apparence. Puis il demande à son cousin Zeus de choisir sa part.



Celui-ci se laisse tenter par la graisse blanche, mais quand il s'aperçoit qu'elle ne recouvre que des os, il est pris d'une fureur terrible contre Prométhée et les mortels. Pour les punir, il leur refuse le feu leur permettant de cuire la chair savoureuse qui leur a été attribuée. Les hommes vont s'en plaindre à leur protecteur, Prométhée, qui décide encore de faire quelque chose pour eux : il dérobe aux dieux des semences du feu sacré qu'il cache dans une tige de fenouil.


Cette fois, la vengeance de Zeus est terrible : Prométhée sera enchaîné au sommet du Caucase où chaque jour un aigle viendra lui dévorer le foie, toujours renaissant.  Les autres dieux plaident en sa faveur, mais Zeus est inflexible. Le supplice aurait été sans fin si Héraclès n'avait abattu l'aigle et délivré Prométhée de ses liens. L'affaire se termine de façon équitable : Prométhée fut puni d'avoir aidé les hommes, il était juste qu'un homme le délivre. Ainsi se vérifie l'adage : Dieu a besoin des hommes.

Mais la vengeance de Zeus n'est pas complète. Pour punir les hommes, Zeus entreprend d'inventer un "beau mal (...), terrible fléau installé au milieu des hommes mortels", selon Hésiode. Alors Zeus demande à Héphaïstos de créer un être inconnu, la première femme, que les dieux orneront chacun d'une qualité, et qui reçoit pour nom Pandore, ce qui veut dire "don de tous les dieux". Zeus l'offre à Epiméthée,  qui n'est pas une flèche : son nom signifie "celui qui réfléchit après".

 Epiméthée ne se doute pas une seconde qu'il s'agit d'un cadeau empoisonné. Et ensuite...

A nous de ne pas réfléchir trop tard, et de poser la question qui tue : si Pandore est la première femme, comment les hommes se reproduisaient-ils avant elle ? Hésiode élude la question. La seule information sur le sujet tient en deux lignes dans sa description de la race d'or, "quand les hommes sortaient de la terre" non comme des nourrissons sortant des choux, mais adultes, tout équipés pour le combat, comme Athéna sortant toute armée de la tête de Zeus. 


Derrière la forme imagée du récit mythique, ne voit-on pas transparaître des techniques de reproduction génétique ? La tête de Zeus, c'est la science qu'il avait du clonage humain et si elle est sortie toute armée, ça signifie qu'elle n'a pas eu la vie d'un nourrisson puis d'un enfant, mais qu'elle est née adulte. Ainsi seraient nées les humanités successives. Par clonage. Par la génétique de labo. S'il y a un sens caché dans le mythe universel du déluge et de Noé, ça pourrait bien être celui-ci.



Après le grand cataclysme, des rescapés de la civilisation planétaire fabriquent une nouvelle humanité de très petite taille : main d'œuvre indispensable pour tout reconstruire, ces mini-êtres sont éduqués par les géants , leurs créateurs.


Ce feu sacré que Prométhée donne aux hommes, sert-il à cuire la soupe ? Ou désigne-t-il une qualité intérieure ? Zeus était le maître de la foudre, n'est-ce pas le feu de l'éveil que Prométhée lui dérobe ? La tige de fenouil n'est-elle pas une imitation du foudre divin qui fait de l'homme un dieu ? Dans une autre version du mythe, quand Prométhée pétrit l'argile pour créer l'homme, Athéna n'intervient-elle pas, saisie de pitié, pour donner une âme à cette pauvre créature, une ouverture vers l'éternité ?

Ce feu de Zeus que Prométhée a volé pour nous, c'est le feu intérieur, le feu sacré qui allume son reflet en nous, le feu de l'éveil, le feu du ciel, la foudre, l'éclair salvateur que le Yi-King appelle l'éveilleur, le tonnerre. Sans lui, nous serions des animaux, comme les néandertaliens. Cette ligne directe avec notre dieu intérieur fait de nous des êtres lumineux, cosmiques et tout-puissants. Sapiens sapiens = on est payé pour le savoir. Mais le sait-on ? Non.
Nous avons tout oublié de notre filiation divine ; pourtant, la graine existe. N'empêche que les scientifiques ont vu grand. Notre espèce n'est pas celle de "l'homme qui sait qu'il sait" mais plutôt de "l'homme qui ignore qu'il ignore"... 


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